Et moi, je vis toujours

Il nous a quitté il y a peu, il savait qu’il ne pourrait dire tout ce qu’il avait à dire, c’est, hélas, le lot de tous, mais par ce livre, sorte de jeu de rôle où il se plait à incarner différents personnages, il retrace l’Histoire, celle du monde, se faisant présent à tout instant, en toute personne, comme s’il était un peu à côté de nous encore et qu’il nous racontait mille histoires soufflées en douce à l’oreille, comme s’il se démultipliait pour ainsi dire à l’infini. L’infini de vivre, l’infini de vies, le non-finit de vivre, celui qui vit encore, celui qui vit toujours. Et comme un livre ne vit que s’il est lu, c’est de nos lectures qu’il pourra vivre infiniment. Ne nous en privons alors pas, ne l’en privons surtout pas.


French writer Jean d’Ormesson poses at his home in Paris, 22 February 2006. AFP PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP PHOTO / OLIVIER LABAN-MATTEI

Extrait d’un article de la Voix du Nord :

« Le malicieux Jean d’O continue : «Le dernier masque que j’ai pris est celui d’un garçon, déjà vieilli sous le harnais, qui s’était mis en tête de rédiger mes Mémoires. Il avait pondu, dans sa jeunesse, une chronique truquée de sa famille («Au plaisir de Dieu», ndlr), une fausse histoire du monde («Histoire du Juif errant», ndlr), une biographie bien imparfaite de Dieu («Dieu, sa vie, son oeuvre», ndlr)».

Jean d’Ormesson, disparu le 5 décembre à l’âge de 92 ans, comptait parmi les écrivains les plus populaires. Et moi, je vis toujours est son 41e roman. Un autre texte posthume doit paraître prochainement dans la maison d’édition de sa fille Héloïse d’Ormesson. »



Il n’y a qu’un seul roman – et nous en sommes à la fois les auteurs et les personnages : l’Histoire. Tout le reste est imitation, copie, fragments épars, balbutiements. C’est l’Histoire que revisite ce roman-monde où, tantôt homme, tantôt femme, le narrateur vole d’époque en époque et ressuscite sous nos yeux l’aventure des hommes et leurs grandes découvertes. Vivant de cueillette et de chasse dans une nature encore vierge, il parvient, après des millénaires de marche, sur les bords du Nil où se développent l’agriculture et l’écriture. Tour à tour africain, sumérien, troyen, ami d’Achille et d’Ulysse, citoyen romain, juif errant, il salue l’invention de l’imprimerie, la découverte du Nouveau Monde, la Révolution de 1789, les progrès de la science. Marin, servante dans une taverne sur la montagne Sainte-Geneviève, valet d’un grand peintre ou d’un astronome, maîtresse d’un empereur, il est chez lui à Jérusalem, à Byzance, à Venise, à New York. Cette vaste entreprise d’exploration et d’admiration finit par dessiner en creux, avec ironie et gaieté, une sorte d’autobiographie intellectuelle de l’auteur.



Gallimard

Broché – 11 janvier 2018

288 pages

19 €


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