Misères du désir

Encore un Soral me direz-vous, eh bien oui ! Encore un !

Que voulez-vous, c’est qu’il écrit bien le bougre, et ce titre là est incisif, comme lui, il va droit au but, sans langue de bois, mais au moins… on comprend !

Lu il y a un an, j’en ai un souvenir assez diffus, certes, mais je n’oublie pas que je suis allée de surprise en surprise, de « ah ben oui, effectivement » en « eh beh… il n’y va pas de main morte », les prudes en rougiront, les autres en apprendront encore de belles. Franchement un bon divertissement empli d’intelligence, et de nos jours, se divertir sans devenir plus con… avouez que ça n’est pas monnaie courante !

C’est l’homme qui ose, tout, sans détour et c’est également l’homme qui sait le faire avec maestria, pour ne pas dire emphase, il maitrise son sujet, il maitrise la langue, et même si l’on pourrait avoir tendance à penser le contraire, il maitrise la sienne (non je ne suis pas allée voir au delà de sa verve).

Il nous fait découvrir de manière terriblement lucide, l’homme, la femme, un peu, beaucoup, de nous-même, et ceux à qui ça ne plaît pas sont sans doute ceux qui ne se plaisent pas en se découvrant, la vérité n’est-ce pas… est parfois dure à digérer, mais essayez, vous verrez ça finit par passer.

Et comme je l’avais fait remarquer pour « Comprendre l’empire », avant d’aller dire que c’est ceci ou cela, ayez au moins le « courage » de lire du Soral, vous ne pourrez qu’être surpris, sauf à être fondamentalement… obtus.

Il y a l’orateur qui débat sur tel ou tel sujet et il y a l’écrivain, certes les sujets vont de pair, mais ils me font l’impression d’être plus profonds, plus posés, dans ses écrits il expose, dans ses débats il défend.

Alors oui le champ lexical est parfois, hum… en fait tout du long, assez cru, pas pour le plaisir, mais à dessein, à l’image de cette société pour qui plus rien n’a de valeur, et dont les membres n’ont plus de base, ça part en tout sens, pour ne pas dire ça part en couilles, voilà, CQFD.

De page en page on en a plein la bouche, on dévore, la boulimie monte, le jus coule, l’encre dégouline, c’est savoureux, on en redemande et on tourne encore et encore les pages, jusqu’à plus soif, jusqu’à se dire « moi aussi j’en veux » fermer le livre et aller s’en prendre une bonne.



Après un détour remarqué par la critique des communautarismes, Alain Soral revient à ses premières amours : les femmes et la critique sociale du désir. Désir transgressif ou désir devenu le moteur de l’idéologie marchande ? Désir canalisé par le couple, qui pourrait bien être le moyen de lui échapper. Désir, ressort caché de cette sourde lutte pour la conquête des femmes à laquelle se réduit le culturo-mondain. Désir vu des petits gars des banlieues dont ne parlent guère les « ni putes ni soumises »… Désir plus ou moins tarifé, soit le vaste univers du semiprostitutionnel… Désir vu des gays… Désir d’enfants, désir d’amour, désir de révolution…
Autant de chapitres où se mêlent analyses et vécu pour faire de Misères du désir le livre d’une époque, un texte devenu culte.


 


Broché

210 pages

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