13 complots qui ont fait l’histoire

 

 

Le regard de l’auteur de « Degrelle » sur 13 zones d’ombre de notre histoire

Complot : projet concerté secrètement afin de fomenter un coup d’État, un putsch, une guerre d’agression, un attentat, une révolution.

Ce livre retrace treize grands complots, réels ou supposés, qui ont marqué l’histoire, de la Rome antique au 11 septembre 2001, en passant par la Seconde Guerre mondiale et les tueurs du Brabant.

Pourquoi la peste noire, au XIVe siècle, fut-elle imputée aux Juifs ? Les Illuminati et les francs-maçons ont-ils joué un rôle dans la Révolution française ? En sait-on plus, aujourd’hui, sur l’assassinat de Kennedy ?

À l’heure où le dossier des tueurs du Brabant est à nouveau en question et où Donald Trump annonce la déclassification de documents au sujet de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, les théories du complot sont plus que jamais d’actualité.

Confrontant les témoignages, les documents officiels et les recherches les plus récentes, l’auteur apporte des réponses éclairantes et redéfinit la notion de complot.

Préface de Michel Hermans, politologue, licencié en Science politique et Administration publique de l’Université de Liège et Docteur en Science politique de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.


Arnaud de la Croix, né en 1959 à Bruxelles, est un éditeur, enseignant et écrivain belge. Il a écrit de nombreux ouvrages autour du Moyen Âge, des ordres chevaleresques qui s’y sont développés et des légendes qui entourent ces derniers. Sa contribution littéraire présente également des essais traitant de la franc-maçonnerie. Philosophe de formation, historien par passion.


Préface de Michel Hermans

Dans cet ouvrage, très intéressant et particulièrement bien documenté, consacré à «13 complots qui ont fait l’histoire», Arnaud de la Croix met en évidence des événements considérés comme des complots par une approche de critique historique et philosophique permettant de faire la part des choses entre le complot et la théorie du complot. Il laisse, sur la base de l’analyse des événements décrits tout au long de son livre, chacun prendre position, tout en apportant, dans ses conclusions, une réponse afin de faire la distinction entre la réalité d’un complot et l’affabulation de la théorie du complot.

II est pourtant parfois difficile de faire la différence entre un com­plot réel et ce qui est connu officiellement comme la « théorie du complot», tout simplement parce que les complots existent et qu’il est complexe de les mettre totalement au jour, surtout s’ils ont échoué. La «théorie du complot», connue également sous les néolo­gismes de « complotisme » et de « conspirationnisme », reste non prouvée car les faits historiques présentés comme des complots ne sont jamais démontrés. Ils ne sont qu’une manoeuvre de manipula­tion pour changer le cours de l’histoire d’un événement qui a causé de nombreuses victimes, la chute ou la mort de personnalités impor­tantes, parfois très appréciées.

Pour définir le complot, nous pouvons le présenter comme un projet secret ( élément essentiel) élaboré par plusieurs personnes contre une autre personne ou une institution. Il y en a eu des milliers au cours des siècles et certains de ceux-ci ont été déjoués, d’autres n’ont pas abouti et plusieurs ont été clairement mis en évidence, après leur réussite.

Dans ces conditions, il est parfois difficile de séparer ces complots de ce qui est appelé la théorie du complot, le complotisme ou le conspirationnisme.

Dans ce cas, cette « théorie» propose de donner une vision de grands événements historiques souvent meurtriers, présentés comme le produit de l’action d’un groupe occulte agissant dans l’ombre. Loin de la simple rumeur, il s’agit d’un récit qui prétend être cohérent (élément essentiel), cherchant à démontrer l’existence d’un complot comme l’action «d’un petit groupe de gens puissants qui se coordonnent en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste, affectant le cours des événements» ( Conspi­racy Theories in American History, 2003 ).

La théorie du complot est devenue une obsession, à importance variable au cours de l’histoire de l’humanité, pour de nombreux citoyens qui voient des complots partout, surtout lors de crises, d’épidémies meurtrières ou de guerres. Mais c’est aussi un casse-tête pour le politologue que je suis. Dans certains cas, la présomption du complot est rapidement démontée, tant la « théorie» mise en place est grotesque, mais, dans d’autres cas, il y a de nombreux doutes qui peuvent rendre compliquée la mise au jour de la vérité sans que l’on puisse s’appuyer sur des preuves suffisamment convaincantes pour les fervents défenseurs de la théorie du complot.

Cela m’est arrivé, surtout pour les attentats du 11 septembre 2001. Dans ce cas, la sortie du livre de Thierry Meyssan, L’effroyable impos­ture, et le nombre important de reportages audiovisuels, très longs, rassemblant des explications et des témoignages d’experts construits dans un montage, sont facilement critiquables car ils ne donnent pas de réponse, trop risquée, sur l’identité des « complotistes». L’appa­rente référence à des explications scientifiques prend au piège ceux qui ne perçoivent pas la différence entre la réalité et la fiction, sur­tout après trois heures de vidéo.

La théorie du complot se développe dans l’opinion publique lorsque la confiance dans les différents pouvoirs est faible, voire absente ou que la peur à l’égard d’une communauté minoritaire mais considérée comme trop secrète et puissante provoque parmi les citoyens majoritaires la recherche d’un bouc émissaire res­ponsable d’une catastrophe qui s’est produite, souvent à cause de mesures qui n’ont pas été prises. Une argumentation farfelue est alors construite, très complexe et apparemment bien documentée, provoquant la conviction de l’existence d’un complot éventuel.

Karl Popper fait remarquer que les personnes les plus désireuses d’amener «le paradis sur terre» sont les plus enclines, une fois au pouvoir, à adopter des théories du complot pour expliquer leurs échecs (The Open Society and its Enemies, 1945). Ces personnes montrent ainsi la volonté de se dédouaner de toute responsabilité collective ou personnelle d’une catastrophe, par manque de prévoyance ou de protection d’un peuple en colère, recherchant la culpabilité d’un petit groupe suffisamment discret et plus faible que puissant, comme ce fut souvent le cas des Juifs au cours de l’histoire.

Arnaud de la Croix reprend volontairement 13 événements histo­riques depuis l’Antiquité jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001. Le chiffre 13 est souvent considéré comme négatif dans les milieux chrétiens, se basant sur la dernière Cène, où Jésus-Christ annonce à ses douze disciples qu’il va être trahi. Par la même occasion, il leur transmet, lors de ce dernier repas, la base de ce qui deviendra le christianisme, c’est-à-dire l’Eucharistie. Un complot, ourdi par Judas avec les grands-prêtres de Jérusalem, conduira à son jugement et à sa mise à mort. Dès lors, la superstition veut qu’être 13 à table condui­rait un des convives à mourir dans l’année qui suit. Cela montre, de la part de l’auteur, que le complot ou la « théorie du complot» portent sur des événements qui effrayent chacune et chacun et qui auraient tendance à être souvent pris comme une vérité pour comprendre un événement angoissant.

Parmi les exemples, l’auteur montre qu’à plusieurs reprises, les Juifs ont été considérés comme les boucs émissaires d’événements et à l’origine de pseudo-complots. Ce fut le cas avec la peste noire ou les Protocoles des Sages de Sion comme avec le complot juif mondial dont Adolf Hitler s’est servi pour en faire les responsables de la situation désastreuse de l’Allemagne dans l’entre-deux-guerres comme la dégradation de la civilisation européenne. Ce fut également le cas de la franc-maçonnerie, souvent liée aux Juifs, deux groupes minori­taires ou secrets.

En revanche, l’assassinat de Jules César et les attentats du 11 sep­tembre 2001 sont clairement des événements ourdis par un complot.

L’assassinat de Kennedy reste un mystère, à cause de la curieuse version officielle de la «balle magique» et, surtout, de l’interdiction de publier certains passages du rapport de la Commission Warren pendant une longue période, renouvelée et pourtant finalement levée partiellement par Donald Trump en 2017. Les tueries du Brabant et la technique d’attaque des criminels ont engendré la conviction de l’implication de gendarmes pour obtenir de l’État le renforcement d’un pouvoir policier dans une Belgique trop laxiste.

Rien n’a jamais été prouvé, mais récemment, cette théorie est reve­nue à la surface par des aveux qui auraient été faits sur son lit de mort par celui qui serait le « géant ». Une partie de la Justice croit à cette piste et d’autres magistrats la rejettent en bloc.

Le complot existe et peut être très souvent démontré. La théorie du complot est le montage totalement fictif d’un soi-disant complot pour convaincre une partie importante de la population, souvent ignorante de la réalité, ou des faits présentés par des personnalités en qui l’on a toute confiance, pour une raison ou une autre.


Broché
224 pages
19.95 €

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